Roms: histoire d'errance...

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

Roms: histoire d'errance...

...de suspicion, de stigmatisation, de persécutions aussi



Un fait divers grave à St Aignan, amplement médiatisé, avant d'être bien élucidé, et voilà une communauté placée sur la sellette , montrée du doigt, de manière discutable ou du moins suspectée dans son ensemble, dans le plus grand amalgame , malgré les démentis successifs.

"...le sénateur UMP Pierre Hérisson, président de la commission nationale consultative des gens du voyage et  auteur en 2008 d'un rapport sur leur stationnement, redoute que "l'accident de Saint-Aignan" ne suscite "des amalgames". Pour lui, "ce qui s'est passé à Saint-Aignan relève du droit commun. Ce n'est pas un problème lié aux gens du voyage". D'autant que le maire de Saint-Aignan, Jean-Michel Dillon (divers droite), confirme que la famille de la victime appartenait certes à la communauté des gens du voyage, mais vivait sédentarisée dans des logements "en dur" depuis deux générations..."


__Ce qui doit relever d'un traitement policier et juridique de droit commun tend à devenir un problème sécuritaire d'ampleur nationale, à connotation ethnique (malgré les démentis officiels), qui place les "gens du voyage"en général (tous les "gens du voyage" ne sont pas roms et il existe des roms sédentaires)), dont la plupart sont français de longue date, dans une position de suspects potentiels et permanents, conformément à une ancienne rumeur concernant les "voleurs de poules" et aux fantasmes habituels qui règnent encore . Amalgames, médiatisation d'un problème qui devait rester dans les limites du droit ordinaire.
Une hyperdramatisation pour détourner les regards de certaines affaires gênantes pour le pouvoir?
___________La délinquance ,le plus souvent mineure, affecte certaines communautés roms tout autant le reste de la population, bien sûr. Là n'est pas la question. Le problème que pose la délinquance spécifique de communautés qui sont venues de certains pays de l'Est, après la chute du Mur de Berlin, est tout à fait particulier et doit être traité politiquement, à l'échelle européenne, en rapport avec les pays d'origine, largement responsables des départs.
Le démantèlement des camps (qui iront de reconstituer ailleurs) et la reconduite aux frontières sont tout à fait irréalistes et relèvent de la démagogie et du discours sécuritaire inefficace depuis des années.
L'Etat est loin d'être irréprochable vis à vis de la première minorité européenne
"Depuis l'adhésion, en 2007, de la Roumanie et de la Bulgarie, l'Union européenne compte quelque dix millions de citoyens roms. Partout indésirables, partout ostracisés, ils sont devenus, à leur insu, comme l'a reconnu la Commission européenne, «une menace pour la cohésion sociale en Europe»._ La minorité rom de Roumanie, estimée à environ deux millions d'âmes, est la plus importante d'Europe. La plus misérable aussi. La mendicité organisée, la prostitution et divers trafics (vols à la tire ou de cartes bancaires) ont permis aux réseaux criminels qui l'exploitent de prospérer. Bien qu'identifiés et localisés, ces réseaux, le plus souvent claniques, jouissent jusqu'ici d'une impunité quasi totale._Plus ou moins assimilés sous le communisme, les Roms d'Europe de l'Est ont subi de plein fouet le coût social de la transition économique dans les années 1990. L'élargissement de l'Union européenne a entraîné une prise de conscience institutionnelle sur leur condition. L'UE, la Banque mondiale, des ONG telles que la Fondation Soros ont débloqué des fonds et mené des campagnes d'information..."
___________________________________________________________
*******************************************************************************

______Le terme de roms (qui signifie "hommes") recouvre des appellations, des communautés, des langues différentes, des histoires complexes, partiellement connues seulement, dont l'origine se situe en Inde, pour simplifier
Un monde très divers, condamné à l'exclusion, dans leurs sociétés d'origine (castes), à l'errance à travers des pays variés dont ils ont conservés des caractéristiques (langue , notamment)
-
["Issus certainement du même peuple indo-européen, ils se sont dispersés aux environs de l’an mille à travers l’Europe en provenance du nord de l’Inde. Le type hindou et la couleur de peau évoquent les saris et les bords du Gange… La quasi certitude de cette filiation lointaine est confortée par de nombreuses similitudes entre la langue Romani, parlée par beaucoup (avec toutefois des variantes suivant les groupes… ) et le sanscrit."]
Un monde qui ne peut se fixer pour des raisons économiques et culturelles, donc qui va subir le plus souvent la suspicion ,l'exclusion, qui va devoir se spécialiser dans certains types d'activité , dont on retrouve des traces aujourd'hui. et qui ont parfois fécondé certaines contrées traversées.
_________________________________"
Du fait de leur culture de vie nomade et de leurs réticences ou la résistance qui est opposée à leur intégration, il y a toujours eu une grande méfiance envers les Roms. On les disait (et dit encore) traditionnellement vagabonds, voleurs, incapables d'un travail sédentaire ; ils furent et sont toujours l'objet de constantes persécutions, sous des formes plus ou moins visibles. Le nom en allemand des Roms, Zigeuner est parfois abusivement assimilé à Ziehende Gauner (voleurs voyageurs), voleurs de poules en France. Les Roms n'ayant parfois d'autre choix que d'accepter parmi eux des marginaux font alors l'objet d'amalgames....
__C'est à partir du
XVe siècle que l’état de grâce entre les tribus nomades et les populations se renverse : les villes leur ferment les portes, lassées de les entretenir. Des conflits éclatent dans les villages. Leur attitude marginale inquiète, et on les accuse de nombreux maux : maraude, vol de poules, de chevaux, et même d’enfants.
__Ils deviennent indésirables et tombent, dès la fin du
XVe siècle, sous le coup de décrets qui vont de l’expulsion pure et simple à l’exigence de sédentarisation : ce ne sont pas les Tziganes qui sont visés, mais les nomades. Les récalcitrants sont emprisonnés, mutilés, envoyés aux galères ou dans les colonies, et même exécutés. La récurrence de ces mesures montre leur manque d’efficacité, sauf aux Pays-Bas, qui parviennent à tous les expulser au milieu du XIXe siècle. ...
Les seigneurs et les abbayes d'Europe les ont accueillis et protégés sur leurs terres, contre la volonté des paysans sédentaires, puisque leurs talents d'artisans, de musiciens et de danseurs étaient très prisés. Cette dépendance féodale fut la servitude des Roms. Monastères et seigneurs pouvaient les vendre ou les acheter ; eux-mêmes pouvaient racheter leur liberté ou, au contraire, se vendre.
Pour montrer leur solvabilité, les Roms, même esclaves, portaient sur eux leur or sous forme de chaînes, de bracelets, de colliers ou de dents en or. En
Roumanie par exemple, ce statut dura de 1370 (fin des invasions des Tatars, protecteurs antérieurs des Roms) à 1856 (réformes du Prince Cuza). Vers la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l’Europe éclairée alterne coercition et recherche de solutions «humaines» pour les sédentariser, d’autant que les Roms retrouvent avec la Révolution et le mouvement romantique une image plus positive empreinte de liberté. En Hongrie, on leur donne des terres et des bêtes, qu’ils revendent aussitôt à leurs voisins pour reprendre la route. L’échec de la plupart de ces politiques n’est pourtant pas une règle absolue, et une partie de la population nomade se sédentarise.

__En France, dès 1666, Louis XIV décrète que tous les Bohémiens de sexe masculin doivent être arrêtés et envoyés aux galères sans procès. Par la suite, lors de l'ordonnance du 11 juillet 1682, il confirme et ordonne que tous les Bohémiens males soient dans toutes les provinces du Royaume où ils vivent, condamnés aux galères à perpétuité, leurs femmes rasées, et leurs enfants enfermés dans des hospices. Une peine était en outre portée contre les nobles qui donnaient dans leurs châteaux un asile aux bohémiens; leurs fiefs étaient frappés de confiscation..." (Wiki)
-Tsiganes : la Nation invisible


__
Il arriva que les Roms furent bien acceptés:
________________________________________"
...En 1427, la centaine de Tsiganes qui arrive aux portes de Paris fait sensation, et leurs talents d'amuseurs les rendent vite populaires. Les groupes de «Voyageurs» se présentent souvent comme des pèlerins, se donnent des titres prestigieux comme comte ou duc d’Égypte (voir la chronique anonyme, Chronique d'un bourgeois de Paris), mangent à la table de grands seigneurs ou sont nourris par les communes en échange de leurs diverses prestations (musiciens, mais aussi vanniers, chaudronniers, maquignons, dresseurs etc.). Les « bohémiens » sont connus en Europe grâce au geste du roi de Bohême Sigismond Ier du Saint-Empire, qui les aurait munis d’un « passeport » à la fin du Moyen-Âge..."(Wiki)
_____Des cultures souvent méprisées, ostracisées, persécutées aussi. On passe souvent sous silence les camps sinistres qui leur étaient aussi destinés...
Un génocide oublié...
En Roumanie, entre esclavage et racisme
Une histoire globalement assez tragique
_______________
-
Au-delà des incantations et stigmatisations dangereuses : ce que vivent les Roms
-
Condamnés à l'errance, les Roms veulent se sédentariser
-Roms et gens du voyage, «le président livre à l’opinion un bouc émissaire»
-Pour Sarkozy, tous les chemins mènent aux Roms

-Roms: des expulsions qui ne disent pas leur nom
-Le pouvoir italien fait la chasse aux Roms, l'Europe cherche une position commune
-Quand nos amis tsiganes vont attaquer l’Etat français…

 

http://marcelthiriet.blogspot.com/2010/07/roms-histoire-derrance.html

Commenter cet article