Les Roms récemment renvoyés de France n'étaient pas fichés par la police

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

 

Les Roms récemment renvoyés de France n'étaient pas fichés par la police

 

 

Une jeune fille d'une communauté de Roms, le 30 Juillet, dans un camp à Lyon dont une partie est menacée d'expulsion.
AFP/JEFF PACHOUD
Une jeune fille d'une communauté de Roms, le 30 Juillet, dans un camp à Lyon dont une partie est menacée d'expulsion.

Aucun des Roms rapatriés de France vers la Roumanie la semaine dernière n'était fiché par la police française ou roumaine, a souligné dimanche 29 août le ministre roumain de l'intérieur, Vasile Blaga.
 

"En ce qui concerne les personnes revenues en Roumanie la semaine dernière (...) nous avons effectué un contrôle précis et elles ne figuraient ni dans les fichiers de police français ou roumains comme auteur d'une infraction", a souligné le ministre. S'il reconnaît "qu'à partir du moment où un citoyen roumain se trouve en situation irrégulière en France, il doit être expulsé", M. Blaga annonce que la Roumanie se "défendrait" si des abus se produisaient.

Le ministre tchèque des affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, s'est montré plus définitif. Il a vigoureusement condamné samedi le renvoi par la France de Roms vers la Roumanie, en évoquant des "soupçons de racisme". "La façon dont le président Sarkozy expulse les citoyens roumains est contraire à l'esprit et aux règles de l'UE", a déclaré le chef de la diplomatie tchèque dans les colonnes du quotidien pragois Lidove Noviny. "On ne peut pas s'empêcher de soupçonner que des points de vue racistes y jouent aussi un rôle", a poursuivi M. Schwarzenberg.

Des pelleteuses détruisent des caravanes après l'évacuation du campement du Hanul, le 6 juillet à Saint-Denis, qui comptait entre 150 et 200 Roms.
AFP/CAROLINE TAIX
Des pelleteuses détruisent des caravanes après l'évacuation du campement du Hanul, le 6 juillet à Saint-Denis, qui comptait entre 150 et 200 Roms.

La France a renvoyé jeudi par avion près de 300 Roms vers la Roumanie, avec la volonté d'"accélérer" ces retours, une politique qui suscite la réprobation internationale. Ces expulsions entrent dans le cadre d'une politique sécuritaire renforcée, annoncée fin juillet par M. Sarkozy, qui cible particulièrement les Roms et les immigrés.

Mais les motifs invoqués pour ces rapatriements posent question. Vendredi, le tribunal administratif de Lille a ainsi annulé quatre arrêtés de reconduite à la frontière pris par la préfecture du Nord à l'égard de Roms qui avaient été évacués mardi d'un terrain situé à Villeneuve-d'Ascq. Le tribunal s'est appuyé sur un arrêt rendu par la cour d'appel de Versailles en juillet 2009, selon lequel l'occupation illégale d'un terrain communal ou privé "ne suffit pas à caractériser l'existence d'une menace à l'ordre public", motif invoqué par la préfecture.

Depuis juillet, neuf cent soixante-quatre Roms ont été renvoyés chez eux, ce qui porte à huit mille trois cent treize le nombre de Roumains et de Bulgares issus de cette communauté reconduits depuis le début de l'année, indique le ministère de l'immigration.

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/08/29/les-roms-recemment-renvoyes-de-france-n-etaient-pas-fiches-par-la-police_1404113_3224.html

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