Les Roms, mais pas que les Roms...

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

Les Roms, mais pas que les Roms...

mardi 14.09.2010, 05:08  - PAR HERVE FAVRE

| LE TEMPS FORT |

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux l'a fait savoir hier en fin d'après-midi : il a tenu à « signer personnellement  » une nouvelle circulaire aux préfets relative aux évacuations de campements illicites. Ce texte revu et corrigé demande désormais aux représentants de l'État de « poursuivre » les évacuations de camps illicites « quels qu'en soient les occupants  ». Les Roms, mais pas que les Roms, en l'occurrence !

 

Dans une première circulaire datée du 5 août et révélée ce week-end, le directeur de cabinet du ministre demandait aux préfets de cibler parmi les campements illégaux « en priorité ceux des Roms ».

Devant la vague d'indignation soulevée par cette discrimination inscrite noir sur blanc dans un document ministériel, Brice Hortefeux tente donc d'éteindre cette nouvelle polémique. Son collègue Éric Besson avait auparavant assuré qu'il n'avait pas connaissance de la première circulaire, et démenti toute « mesure spécifique à l'encontre des Roms ». Pour le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, les Roms reconduits dans leur pays d'origine ne sont pas « considérés en tant que tels, mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité », soit des Roumains et des Bulgares... Que les Roms soient expulsés comme Roumains ou Bulgares ne changera pas grand-chose à leur sort, ni au procès en discrimination et xénophobie ouvert contre le président français et son gouvernement avant-hier par une majorité de députés européens, et hier encore par le haut commissaire de l'ONU aux Droits de l'homme, Navi Pillay, qui s'est dit « préoccupé » par la politique française à l'égard des Roms, laquelle ne peut, selon lui qu'« exacerber leur stigmatisation et leur extrême pauvreté ».

Sur le plan européen, la pression est maintenant sur la Commission, à qui le groupe démocrates et libéraux du Parlement européen demande d'enquêter et, le cas échéant, d'ouvrir une procédure d'infraction contre la France.

Jusqu'à présent, le collège présidé par José Manuel Barroso s'est gardé de mettre en accusation Nicolas Sarkozy, rappelant à tous les grands principes de l'Union, mais aussi leurs exceptions ! Au-delà de trois mois de séjour, la personne doit disposer de ressources suffisantes et d'une couverture sociale.

Et s'agissant des ressortissants bulgares et roumains, les barrières à l'accès au marché du travail maintenues par une dizaine de pays - dont la France - ne tomberont que le 31 décembre 2013.

C'est à l'abri de ces exceptions à la liberté de circulation que d'autres pays européens, comme l'Italie, continuent la même politique d'expulsion de Roms sans déclencher les foudres sur eux. La faute de la France est d'en avoir fait une cible prioritaire de sa politique, d'abord en toutes lettres, et depuis hier soir en pointillés...

 

http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2010/09/14/article_les-roms-mais-pas-que-les-roms.shtml

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