Les Roms et les gens du voyage sont-ils discriminés ?

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

Les Roms et les gens du voyage sont-ils discriminés ?

Des Roms dans le bidonville du Hanul à Saint-Denis, en juillet 2008.

Depuis les incidents du 18 juillet à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher, "les plus hautes sphères de l'Etat font l'amalgame entre les migrants roms originaires d'Europe centrale et des Balkans et les 'gens du voyage', citoyens français", affirment les chercheurs d'Urba-Rom. De plus, "cette communauté largement fantasmée" se verrait appliquer une politique générale décidée à partir de "faits isolés concernant quelques individus isolés".

Cette stigmatisation et cette "peur des gens du voyage ne date pas d'aujourd'hui", souligne Joseph Pinard, agrégé d'histoire, ancien député du Doubs. "Le 7 juillet 1908, le Journal officiel publiait [un] rapport (…) débouchant sur une proposition de loi dont l'article 1er était ainsi libellé : 'La mendicité et le vagabondage sont interdits sur le territoire de la République'". Ainsi, "en surfant sur l'émotion suscitée par les graves incidents du Loir-et-Cher, le président Sarkozy, féru de rupture, (…) est en continuité avec le dernier locataire de l'Elysée sous la Troisième République", conclut-il.

"Le 'nomadisme tsigane' est une invention politique", ajoute Henriette Asséo, historienne et professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. "La vision que l'on tente d'imposer d'un peuple tsigane, "nomade" par nature, serait ridicule si elle n'avait pas des effets politiques dévastateurs."

Enfin, le sociologue Jean-Pierre Liégeois, fondateur du Centre de recherches tziganes, rappelle que les gens du voyage ainsi que de nombreux Roms sont français et que leur traitement par la France est "contraire aux normes juridiques en vigueur".

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