La police déclenche son plan contre les camps de Roms

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La police déclenche son plan contre les camps de Roms

Mots clés : roms, gens du voyage, camps, FRANCE, ROUMANIE, Brice Hortefeux

Par Charlotte Menegaux, Jean-Marc Leclerc
06/08/2010 | Mise à jour : 21:59
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Tous les Roumains du camp évacué ce vendredi à Saint-Étienne ont reçu une obligation de quitter le territoire français.
Tous les Roumains du camp évacué ce vendredi à Saint-Étienne ont reçu une obligation de quitter le territoire français.

À Saint-Étienne et en région parisienne, le ministère de l'Intérieur a fait évacuer ce vendredi des centaines de gens du voyage en situation irrégulière. 

«Engagement pris, promesse tenue», déclare le ministre de l'Intérieur. Ce vendredi, les forces de l'ordre ont évacué, de façon spectaculaire, un important camp de Roms à Saint-Étienne (Loire), donnant corps à la promesse faite le 28 juillet par le chef de l'État de mettre un terme à un certain nombre de situations illégales chez les Roms et autres gens du voyage.

Pas moins d'une petite centaine de Roumains ont ainsi été expulsés manu militari du terrain vague qu'ils avaient investi au mois de mai, dans le quartier stéphanois de Montmartre. L'opération s'est déroulée de l'aube à la fin de matinée avec «méthode et humanité», précise-t-on au ministère. «Une centaine de policiers a procédé à l'expulsion dans le calme», confirme la responsable de l'association Solidarité Roms, Marie-Pierre Vincent, qui déplore toutefois «un quartier entièrement bouclé par les forces de l'ordre, ce qui ne nous permet pas d'aider les expulsés à récupérer toutes leurs affaires».

Le camp de Saint-Étienne était «ignoble», selon Paul Roux, membre de la même association de soutien aux Roms. «Des tentes côtoyaient des cabanes faites de morceaux de bois, le tout avec deux robinets gracieusement installés par la mairie pour tout le camp, qui compte habituellement 150 personnes», raconte ce bénévole, habitué à gérer les expulsions en essayant de «sauver quelques matelas» pour aider les personnes évacuées à se reloger ailleurs.

Et c'est bien là le problème. «On aura beau détruire leurs camps de fortune, ils en reconstruiront d'autres», poursuit Paul Roux. Même si tous les Roumains du camp ont reçu une obligation de quitter le territoire français, «nous les mettrons en contact avec des avocats pour qu'ils intentent des recours», explique Marie-Pierre Vincent. En habituée des expulsions, la responsable de l'association note d'ailleurs qu'elles ont souvent lieu au beau milieu de l'été, «lorsque les membres des associations de soutien sont en vacances». Le préfet de la loire, Pierre Soubelet, précise que «les expulsés ont un mois pour quitter le territoire français ».

 

Des réseaux très structurés

Aussi médiatisée soit-elle, l'opération stéphanoise n'est pas la première réalisée depuis la mise en garde de Nicolas Sarkozy. La préfecture de police de Paris, par exemple, avait depuis longtemps pris les devants. Au-delà d'une expulsion réalisée ce vendredi matin, en même temps que celle de la Loire, dans un campement sauvage des Hauts-de-Seine, la police du Grand Paris a déjà procédé, ces dernières semaines, à des fermetures de petits campements dans la capitale même, aux abords du périphérique, avec à chaque fois une dizaine d'illégaux interpellés. La préfecture recense aussi 4 ou 5 camps de taille modeste dans le Val-de-Marne, où un arrêté d'évacuation a été pris ce vendredi contre une installation de Roms sous l'A86 à Choisy-le-Roi.

Mais c'est surtout la Seine-Saint-Denis qui concentre ces populations nomades, avec deux implantations répertoriées, rassemblant environ 3000 des 3500 Roms d'Ile-de-France. Le climat actuel en pousse certains à se retrancher dans le Val-d'Oise, où les forces de l'ordre devront intervenir. «Il n'y a pas que les opérations ponctuelles, explique un commissaire de police. Les services parisiens ont arrêté et mis en cause pour des faits de délinquance près de 1400 Roms en situation illégale depuis le début de l'année, soit deux fois plus qu'en 2009.» Selon lui, «75% des infractions relevées à leur encontre sont des vols». Et la part des Roms mineurs mis en cause ne cesse de grimper: «de 38% à 49% en un an». Parmi les affaires traitées: nombre de flagrants délits de cambriolage ou de vols au distributeur de billets contre des personnes âgées. «Des familles de Roms très structurées tiennent les réseaux depuis l'étranger», explique un enquêteur chevronné. «Ils envoient les plus jeunes en première ligne parce qu'ils savent qu'ils bénéficient d'une quasi-irresponsabilité pénale», poursuit-il.

 


 

Objectif : 300 sites fermés en trois mois

Le 28 juillet, une réunion à l'Élysée consacrée, selon les termes de Nicolas Sarkozy, aux «comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms» a eu lieu dans la foulée des violences commises à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), où des gitans ont mis la commune à sac après la mort d'un des leurs. À l'issue des discussions, le gouvernement a annoncé que la moitié des camps illicites, soit environ 300, seraient démantelés d'ici à trois mois. Les Roms ayant commis des atteintes à l'ordre public ou des fraudes seront reconduits en Bulgarie ou en Roumanie de façon quasi immédiate. Par ailleurs, une vingtaine de policiers roumains et bulgares seront appelés pour épauler les forces de l'ordre françaises dans la région parisienne. Enfin, dix inspecteurs du fisc seront envoyés dans les zones d'habitation des gens du voyage et des Roms pour contrôler la situation des occupants.

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