L'Onu critique la France pour sa politique sur les Roms

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

L'Onu critique la France pour sa politique sur les Roms

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (Cerd) de l'Onu a vivement critiqué vendredi la France pour sa politique à l'égard des Roms et l'invite à les intégrer plutôt qu'à les expulser. Lire la suite l'article

Le ministère français des Affaires étrangères a répondu que la France respectait scrupuleusement la législation européenne et ses engagement internationaux, rejetant une "caricature".

Le Comité, constitué de 18 experts internationaux indépendants, appelle le gouvernement français à intensifier ses efforts afin de combattre et enrayer la montée du racisme et de la xénophobie en condamnant fermement les discours émanant des responsables politiques qui encouragent ce phénomène.

"Le Comité s'inquiète de la montée des manifestations et des violences à caractère raciste envers les Roms sur le territoire de l'Etat partie (France NDLR)", peut-on lire dans le rapport.

Ces conclusions ont été formulées après l'examen du respect de la France du traité international de 1969 interdisant l'exclusion fondée sur la race, la couleur, l'origine nationale ou ethnique, qui a été ratifié par la France.

Le Comité note que "des informations font état de ce que les Roms ont été renvoyés de manière collective dans leur pays d'origine, sans que n'ait été obtenu le consentement libre, entier et éclairé de tous les individus concernés".

Nicolas Sarkozy a ordonné fin juillet le démantèlement des camps de Roms et le renvoi des illégaux dans leurs pays, provoquant des réactions indignées de l'opposition de gauche, mais aussi d'une partie de la droite et d'hommes d'Eglise.

LE CERD INSISTE SUR LA RESPONSABILITÉ DES POLITIQUES

Les experts soulignent que le problème est d'ordre général, dans la mesure où il y a dix millions de Roms dans l'Union européenne dont un cinquième en Roumanie.

"En prenant des décisions pour un but sécuritaire, il est important de faire un examen entre l'intérêt de l'État et les droits des individus. Chaque retour doit être examiné d'un point de vue individuel", a toutefois estimé le vice-président du Comité, Pierre-Richard Prosper.

"Nous pensons que les personnalités politiques ont la responsabilité de guider et conduire un pays vers la tolérance", a ajouté le rapporteur américain.

Ion Diaconu, le rapporteur roumain, souligne que "la solution pour les Roms c'est de les considérer comme des citoyens à part entière de l'Union européenne".

Le Comité invite également la France "à garantir l'accès des Roms à l'éducation, à la santé, au logement et autres infrastructures temporaires".

Il lui recommande "d'affirmer dans ses discours et ses actions toute sa volonté politique en faveur de la compréhension, la tolérance et l'amitié entre nations, groupes raciaux ou ethniques".

LA FRANCE REFUSE LA "CARICATURE"

Le Comité suggère "d'intensifier ses efforts en utilisant tous les moyens, notamment en condamnant fermement tous discours racistes ou xénophobes émanant des responsables politiques et en prenant les mesures appropriées pour combattre la prolifération d'actes et manifestations racistes sur internet".

Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, répond dans un communiqué que, "sur la question des Roms, la France respecte scrupuleusement la législation européenne ainsi que ses engagements internationaux en matière de droits de l'Homme".

Les Roms roumains ou bulgares jouissent de la liberté de circulation et du droit au séjour dans les Etats européens, "toutefois, l'adhésion d'un Etat à l'Union européenne ne signifie pas la reconnaissance au profit de ses ressortissants d'un droit inconditionnel au séjour", poursuit-il.

François Zimeray, l'ambassadeur français chargé des droits de l'Homme, s'est insurgé contre les conclusions d'un rapport régulier dans lequel des éléments ont été selon lui rajoutés.

"Je voudrais dire de façon extrêmement simple et forte et solennelle que, si nous acceptons la critique, nous refusons totalement ce qui relève de la caricature", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au Quai d'Orsay.

Avec Jean-Baptiste Vey et Bate Felix à Paris, édité par Yves Clarisse

 

http://fr.news.yahoo.com/4/20100827/tts-france-onu-roms-ca02f96.html

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