L’évacuation de deux camps de roms à Montpellier et à Lattes : questions et réponses

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

Montpellier

L’évacuation de deux camps de roms à Montpellier et à Lattes : questions et réponses

L’évacuation de deux camps de roms à Montpellier et à Lattes : questions et réponses

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Deux squats de Roms, occupés au total par une cinquantaine de personnes, ont été évacués sans incident par la police hier dans l'Hérault, l'un à Montpellier, le second à Lattes. Ces évacuations ont été réalisées en application d'ordonnances d'expulsion prononcées par le tribunal de Montpellier il y a plusieurs mois, à la demande des propriétaires des lieux, une société privée à Lattes et l'université Montpellier 1 pour le squat montpelliérain.

La préfecture de l'Hérault avait reçu des doléances des propriétaires et d'élus qui, d’après les services de l’État avaient « fait part de plaintes récurrentes de voisinage sur le bruit et le manque d'hygiène ». Ces évacuations entrent aussi dans la ligne des instructions du président de la République, qui a annoncé fin juillet l'évacuation

de trois cents camps illégaux de Roms et de gens du voyage.

1-Que s’est-il passé hier matin ?

La préfecture a décidé de mettre à exécution deux décisions de justice prononçant l’expulsion de deux camps de roms, des ressortissants Roumains (1), qui squattaient des propriétés privées. Aussi, vers 7 h, la force publique est intervenue simultanément dans un bâtiment à l’abandon du plan des Quatre-Seigneurs appartenant à l’Université Montpellier 1 et rue du Pont-de-Guerre, à Lattes, vers les Sabines, sur un terrain de la société Océanis. En tout 54 personnes (23 dans le premier camp, 31 dans le second), dont un tiers d’enfants ont été priés de faire leurs valises. Tout s’est déroulé dans le calme, sans incident. La police était déjà passée la semaine dernière pour leur demander de quitter les lieux et une partie des roms n’était effectivement pas présente hier matin.

2-Pourquoi ces expulsions interviennent-elles maintenant ?

Les décisions de justice datent de mars dernier pour l’une et de 2007 pour l’autre… Pourquoi alors intervenir ainsi en plein milieu de l’été ? Et ce, alors que la préfecture avait expliqué fin juin vouloir faire du "cas par cas" sans faire des évacuations de masse ?
« Il s’agit de décision de justice et nous donnons les moyens pour les exécuter avance Patrice Latron, secrétaire général de la préfecture. Nous avions aussi des plaintes des propriétaires et d’élus, comme le maire de Lattes, qui nous ont fait état de gênes causées par le bruit et le manque d’hygiène ». Certes, mais le représentant de l’Etat, interrogé, reconnaît aussi que le contexte national pèse : « Vous suivez l’actualité, il y a aussi des instructions du président de la République ».

3-Quel traitement pour les Roms ?

Les roms peuvent bénéficier d’un visa de trois mois et à l’issue, s’ils ne peuvent justifier d’un niveau de ressource suffisant, ils sont expulsables. Certains font déjà l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF) mais ils étaient absents des camps. S’ils sont contrôlés, ils seront expulsés. D’autres se sont inscrits pour bénéficier de l’aide au retour (l’avion et 300 € par adulte). Un dispositif efficace (145 personnes en ont profité depuis le 1er janvier) mais qui a aussi montré ses limites : la quasi totalité des Roumains du Plan des-Quatre-Seigneurs a déjà bénéficié de cette aide avant de revenir en France. Ils ne peuvent pas en profiter une seconde fois. « Nous sommes dans une impasse : ils ne peuvent pas travailler ni avoir de logement ici, on les aide donc au retour » résume Patrice Latron.

4-Que deviennent les Roumains évacués ?

Hier, la préfecture devait trouver un hébergement pour trois nuits aux demandeurs. Ils devaient aussi être suivis attentivement : « On va s’opposer à toute installation ou réinstallation de leur part » promet le directeur adjoint de la police. Certains sont pourtant persuadés qu’ils vont trouver un nouveau squat et que le casse-tête des Roms va juste se déplacer… « On va trouver un autre endroit, ou acheter une tente et s’installer, mais pas rentrer en Roumanie » indique l’un des Roms évacué.
Aussi les expulsions ne sont-elles pas vaines ? « Posez la question aux propriétaires des lieux ! » rétorque le secrétaire général qui annonce d’autres évacuations de camp à Montpellier.


 

(1) Les Roms n’ont rien à voir avec les gens du voyage qui bénéficient d’aires d’accueil.

 

http://www.midilibre.com/articles/2010/08/10/A-LA-UNE-L-evacuation-de-deux-camps-de-roms-en-questions-1340875.php5

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