"Entre la SPA et le cimetière, le camp de Roms ne dérangeait pas les voisins"

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

"Entre la SPA et le cimetière, le camp de Roms ne dérangeait pas les voisins"

Un camp rom illégal, situé à Saint-Etienne, a été évacué vendredi matin.
AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Un camp rom illégal, situé à Saint-Etienne, a été évacué vendredi matin.

Un camp illégal, situé un terrain municipal de Saint-Etienne (Loire) et où vivaient depuis mai une centaine de Roms originaires de Roumanie, a été évacué vendredi 6 août au matin par la police. Marie-Pierre Manevy, qui fait partie de l'association Réseau Solidarité Roms, commente l'évacuation du camp.

 

 

Comment s'est déroulée l'évacuation du camp de Roms ce matin ?

Il s'agissait d'un terrain que la municipalité avait proposé il y a deux ou trois ans. Nous l'avions refusé en raison de sa situation et des conditions sanitaires. Mais en mai, à la suite d'une vague d'expulsions, des Roms sont allés s'y installer. La mairie a fait mettre deux points d'eau, des WC chimiques et un container poubelle. Situé entre le cimetière et la SPA, il ne dérangeait pas les voisins.

Qui sont les habitants de ce camp ?

Une centaine de personnes y séjournait, dont une trentaine d'enfants. Une femme et son bébé de huit jours y vivaient également. Nous occupons actuellement la place de l'hôtel de ville avec eux et une quarantaine d'autres personnes qui ont été expulsées d'un squat. On demande que la mairie prête un gymnase, ce qui n'est pas compliqué pendant les vacances. On a également besoin d'une benne pour récupérer le matériel laissé au camp. Personne ne nous répond.

Qui est à l'origine de cette expulsion ?

Il faut à chaque fois que le propriétaire du terrain en fasse la demande, puis c'est le préfet qui prend la décision. Ce terrain là appartient à la municipalité et ce n'est pas la première fois que de telles expulsions sont demandées. Des demandes similaires ont été faites pour l'occupation d'anciens logements d'instituteurs et d'une maison de retraite. Quand les terrains appartiennent à des individus, les procédures d'expulsion sont cependant plus rapides.

Que va-t-il se passer après cette expulsion ?

Après une expulsion, il n'y a jamais rien de proposé. Une seule exception pour les mères avec des nourrissons. Dans ce dernier cas, on leur propose une place en foyer qu'habituellement elles refusent. La maman du camp de Montmartre a accepté : son enfant est vraiment tout petit. Elle avait peur pour lui.

Ces expulsions sont-elles directement liées aux déclarations du gouvernement sur les Roms ?

Pour nous, cela ne fait aucun doute. Dans le cas du terrain de Montmartre, il ne dérangeait pas. Il n'y a pas d'autre motivation que de suivre la politique de Sarkozy. Mais de toute façon, personne ne se préoccupe de leur sort. Quand ils occupaient un terrain à Terrenoire [banlieue de Saint-Etienne], après avoir été expulsés de la maison de retraite, ils dormaient dehors, au bord d'un étang. Des pêcheurs et des promeneurs continuaient à y venir et ne semblaient pas s'en émouvoir.

Commenter cet article