Des Roms dorment devant l'Hôtel de Ville

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

Des Roms dorment devant l'Hôtel de Ville

AFP
10/08/2010 | Mise à jour : 19:22
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Expulsé vendredi d'un camp illégal de Saint-Etienne avec 70 autres Roms, Virgil, 43 ans, et sa famille ont passé leur troisième nuit sur des matelas de fortune devant l'Hôtel de Ville, une situation dénoncée par les associations.

Trois ou quatre matelas tachés et quelques couvertures douteuses sont posés à même le sol sur des cartons, parmi les détritus, sur la grande place fleurie, à quelques dizaines de mètres de l'Hôtel de Ville et non loin de la préfecture. Une quinzaine de Roms, principalement des hommes, ont dormi ici la nuit dernière à côté de leurs baluchons, de bouteilles et boîtes de conserve vides. Les toilettes du parking souterrain voisin leur servent de point d'eau.

"Il n'y a pas de travail en Roumanie et on espère qu'ici ils vont nous donner une maison", explique Virgil, dont les propos en rromani sont traduits en français par l'un de ses fils, Gabriel, un garçon espiègle de 9 ans, qui va entrer en CM2. Virgil est arrivé en France il y a trois ans, avec sa femme, leurs deux jeunes garçons et un autre fils de 23 ans, né d'un premier mariage. "Pour vivre mieux", dit-il.

Avec 135 autres Roms, expulsés de deux squats de la ville en mai dernier, ils logeaient dans des habitations de fortune sur le camp évacué vendredi dernier: un terrain "proposé par la mairie" socialiste, propriétaire, qui l'avait "équipé de deux points d'eau et de cinq toilettes chimiques", selon Marie-Pierre Vincent, de l'association "Réseau Solidarité Roms". "On leur a dit qu'ils avaient le droit de s'installer nulle part", déplore-t-elle, dénonçant une "traque" des Roms à Saint-Etienne "organisée par la préfecture", qui a notamment émis des obligations de reconduite à la frontière (OQTF) pour 44 d'entre eux.

Vers 9H00, ils replient leurs couvertures et les empilent avec les matelas contre un muret, avant de "vaquer à leurs occupations". La plupart vont "faire la manche", tandis que d'autres vont "travailler au noir pour 4 à 5 euros de l'heure", explique Mme Vincent.
"L'occupation a cessé en fin d'après-midi devant l'Hôtel de Ville", a assuré à l'AFP la préfecture, selon laquelle "tout le monde est parti". Une constatation aussitôt démentie par les responsables du Réseau Solidarité Roms.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/08/10/97001-20100810FILWWW00479-des-roms-dorment-devant-l-hotel-de-ville.php

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