Des élus de gauche prônent la fermeté face aux Roms

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

Des élus de gauche prônent la fermeté face aux Roms 

Les occupants du camp d'Anglet (Pyrénées- Atlantiques) se sont opposés vendredi aux CRS venus les évacuer. Ils bénéficient d'un nouveau délai pour quitter les lieux.
Les occupants du camp d'Anglet (Pyrénées- Atlantiques) se sont opposés vendredi aux CRS venus les évacuer. Ils bénéficient d'un nouveau délai pour quitter les lieux. Crédits photo : AP

Malgré l'indignation du PS, des maires demandent l'expulsion de camps illégaux de gens du voyage. 

La gauche s'indigne mais expulse quand même. Après le haut-le-cœur provoqué au PS par la décision de Nicolas Sarkozy d'évacuer 300 camps illégaux de Roms, certains maires de gauche se retrouvent coincés entre leur attachement aux valeurs humaines et le pragmatisme de terrain qu'ils revendiquent.

Vendredi à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, la préfecture a ainsi annoncé l'expulsion d'un camp de gens du voyage. Une intervention décidée après une requête devant la justice du maire socialiste de la ville, Jean Espilondo. «Il a tout fait pour qu'ils partent d'eux-mêmes. Il les a appelés, il les a reçus dans son bureau, mais rien n'y a fait», déplore-t-on à la municipalité d'Anglet. Dans l'équipe du maire, on précise que cette décision a été prise parce que les gens du voyage occupaient illégalement un terrain, alors que la ville tient à leur disposition une «aire de grand passage», obligation légale pour les villes de plus de 5000 habitants. «Il n'y a aucun discours de stigmatisation, juste une volonté de faire respecter la loi», explique Jean Espilondo. Bref, il s'agit avant tout d'un problème local sans rapport avec la polémique nationale sur les camps de Roms.

«Les collectivités locales n'ont pas attendu que Nicolas Sarkozy s'empare de cette question pour tenter d'y répondre», fait valoir un proche du maire d'Anglet, a l'unisson du PS, qui a dénoncé vendredi l'«agitation frénétique» du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. «Il vient de faire un premier bilan des camps de Roms évacués (…) En quoi ces actions règlent-elles le problème? La constatation de l'illégalité de ces occupations était souvent très ancienne, mais les préfectures, lucides sur la stérilité de l'action, avaient différé l'exécution», déplore le PS.

À gauche, certains semblent pourtant apprécier la décision du chef de l'État. À l'instar du maire PRG de Carrières-sous-Poissy (Yvelines), Eddie Aït, qui a écrit cette semaine à Nicolas Sarkozy pour lui demander d'évacuer les camps de Roms installés dans son département. «En tant qu'élu de gauche, et dans un souci de salubrité et de sécurité publique, je demande leur évacuation et leur expulsion dans les meilleurs délais», explique Eddie Aït.

 

«Cambriolages»

Rue de Solferino, on est conscient des problèmes de sécurité que peuvent poser les camps de Roms. Un membre de la direction, maire d'une ville confrontée à ces questions, le reconnaît: «On sait bien que lorsque l'un de ces camps s'installe, la courbe des cambriolages augmente.» Mais hors de question d'emboîter le pas du chef de l'État, dont les socialistes ­dénoncent «l'approche communautariste qui stigmatise injustement et indistinctement des Français, des étrangers, une écrasante majorité de citoyens et de résidents sans histoire, un mode de vie qu'il convient de respecter». Car, avec ou sans succès, les élus de gauche s'emploient sur le terrain à gérer les Roms. La communauté urbaine de Lille, que préside Mar­tine Aubry, s'est ainsi engagée à en héberger quelque 200 dans des villages d'insertion. Ils ne sont aujourd'hui qu'à moitié occupés.

À Montreuil, en Seine-Saint-Denis, la municipalité dirigée par Dominique Voynet (Verts) a elle aussi mis en place un programme d'insertion des Roms qui coûte presque un million d'euros par an à la ville. «Cette politique n'est pas toujours facile à expliquer et le discours tenu au sommet de l'État ces derniers jours la met clairement en danger», dénonce-t-elle. Parallèlement, la municipalité a expulsé à la fin juillet des familles de Roms qui occupaient illégalement un terrain.

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