Démantèlement des camps de Roms : Gérard Caudron renvoie l'État et l'Union européenne à leurs responsabilités

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

Démantèlement des camps de Roms : Gérard Caudron renvoie l'État et l'Union européenne à leurs responsabilités

mardi 10.08.2010, 05:11  - La Voix du Nord

 Pour Gérard Caudron, les Roms ne doivent plus être contraints à l'exode par leurs pays d'origine. Pour Gérard Caudron, les Roms ne doivent plus être contraints à l'exode par leurs pays d'origine.

|  ON EN PARLE |

Alors que le président de la République demande le démantèlement des camps de Roms, ...

 

Gérard Caudron, qui doit gérer, aux côtés de Maryvonne Girard, des installations dans plusieurs sites de la ville, réclame lui, la stricte application de la loi. Et en appelle à l'Union européenne.

> Comment avez-vous réagi au discours de Nicolas Sarkozy ?

« Comme à tous ses discours sur la sécurité. En République, il faut faire appliquer les droits et les devoirs de chacun. Il ne s'agit pas de faire des imprécations qui restent sans suite. Il est ministre de l'Intérieur de 2002 à 2007, puis président de la République, et il est toujours obligé de dire la même chose. Car rien ne bouge. » > Quelle serait votre réaction si les forces de l'ordre venaient demain matin démanteler les camps de Villeneuve-d'Ascq ?

« Mais ils n'arrêtent pas de le faire ! Et nous le réclamons. Mais cela ne suffit pas, bien entendu. Tout ce qui se contente de détruire des bidonvilles, sans rien faire d'autre, c'est des coups d'épée dans l'eau. Nous sommes dans une République, avec des valeurs, comme le respect des droits de l'Homme. On ne peut pas chasser les gens comme des chiens. Mais on ne peut pas non plus s'installer n'importe où et faire n'importe quoi. Par exemple, la mendicité des adultes n'est pas interdite, mais celle des enfants, oui. » > La liberté de circulation au sein de l'Union européenne doit-elle être remise en cause ou aménagée ?

« En Europe, on a toujours mis la charrue avant les boeufs ! On a fait l'Europe des marchés avant celle des citoyens. Mais par rapport aux cloisonnements du passé, je pense au Mur de Berlin, à l'URSS, à la Chine, pouvoir se déplacer librement, faire circuler des idées, c'est un progrès, je suis très clair là-dessus. Mais à condition que ce soit volontaire, et non parce que l'on est chassé par la misère, la dictature ou l'intégrisme. Il faut s'attaquer aux causes, voir pourquoi les gens s'enfuient. » > Concrètement, que faudrait-il faire ?

« Déjà, si on appliquait la loi européenne qui défend les minorités dans leur pays d'origine, le problème ne se poserait pas de cette façon. Ces pays-là, comme la Roumanie, croulent sous les subventions, ils sont tous éligibles aux crédits de l'Objectif 1. Au lieu de cela, ils ont profité du principe de libre circulation pour se débarrasser des populations dont ils ne veulent plus. Il faut les contraindre à les respecter et à se plier au droit européen.

 » > Mais l'Union européenne en a-t-elle vraiment les moyens ?

« Bien sûr ! Si elle est capable de condamner EDF ou Volkswagen, de faire payer la France quand elle n'applique pas une directive, elle doit bien être en mesure d'imposer aux pays d'intégrer les populations roms dans leur territoire naturel. C'est à elle, et aux États, de réguler les flux.

Personne n'a jamais pu empêcher un mouvement naturel. Il faut s'attaquer aux causes de ces exodes. Il n'y a pas de solution qui ne prenne en compte l'ensemble des données. » •

LAURENT WATIEZ

 

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Villeneuve_d_Ascq/actualite/Secteur_Villeneuve_d_Ascq/2010/08/10/article_demantelement-des-camps-de-roms-gerard-c.shtml

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