Bruxelles et Bucarest observent Paris dans le dossier des Roms

Publié le par resistance-roms.over-blog.com

Bruxelles et Bucarest observent Paris dans le dossier des Roms

La manière dont la France traite les Roms sur son territoire est suivie de près par la Commission européenne et la Roumanie, qui mettent en garde contre la stigmatisation de cette minorité ethnique.

Bruxelles et Bucarest observent Paris dans le dossier des Roms

LES ROMS EN EUROPE

 

Un premier vol reconduisant 79 Roms en Roumanie dans le cadre de "l'aide au retour humanitaire" partira jeudi avant un autre vol le 26 août, dit Paris, qui faisait état mardi du démantèlement de 51 camps illicites en un mois.

Les Roms, première minorité ethnique de l'Union européenne par le nombre, sont pour la plupart originaires de Bulgarie et de Roumanie - ils y sont respectivement 750.000 et 1,8 million selon le Conseil de l'Europe -, membres de l'Union européenne.

"La France doit respecter les règles concernant la protection des citoyens européens", a prévenu mercredi le porte-parole de Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté.

"Nous regardons la situation très attentivement pour vérifier que tout cela a été respecté. On parle aujourd'hui de retour volontaire", a souligné le porte-parole, Matthew Newman.

Les 79 Roms reconduits dans leur pays ont, selon le ministre de l'Immigration, Eric Besson, accepté l'aide au retour humanitaire, soit 300 euros par adulte et 100 euros par enfant.

Il s'agit selon lui du 25e vol de ce type organisé cette année en direction de la Roumanie ou de la Bulgarie.

Les expulsions de citoyens européens ne sont possibles que si la personne est considérée comme une menace pour le pays.

"Si un Etat procède à une expulsion, il faut voir si c'est une décision proportionnée. Il faut regarder chaque cas. On ne peut pas prendre une décision sur toute une population", a dit le porte-parole de Viviane Reding.

"STIGMATISATION"

La politique de la France sur les camps illégaux de Roms, décidée par Nicolas Sarkozy fin juillet après les violences survenues à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), a tendu les relations Paris d'un côté Bucarest et Sofia de l'autre.

Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a brandi la menace d'un report de leur entrée dans l'espace de libre-circulation Schengen, prévue en mars 2011, si les deux capitales n'intégraient pas davantage leur communauté Rom.

"Rien dans l'accord de Schengen ne prévoit de lien entre l'intégration d'une population et l'entrée dans l'espace Schengen", relève pourtant Matthew Newman.

Trois semaines après la polémique qui a eu un fort écho en Roumanie et Bulgarie, le ministre roumain des Affaires étrangères a haussé le ton pour la première fois mercredi.

Dans un entretien accordé à RFI Roumanie, Teodor Baconschi a "espéré que la loi ait été respectée pour toutes les expulsions de Roms".

Le chef de la diplomatie roumaine a mis Paris en garde contre la "stigmatisation d'un groupe ethnique" et les "expulsions collectives".

Deux secrétaires d'Etat roumains seront à Paris le 30 août pour aborder la question, a annoncé mercredi le Quai d'Orsay.

L'objectif de la France, a rappelé le porte-parole du ministre français des Affaires étrangères, est de "favoriser l'insertion sociale des Roms en Roumanie" et "d'oeuvrer à la réinsertion des Roms ayant quitté la France pour la Roumanie".

 

http://www.lexpress.fr/actualites/2/bruxelles-et-bucarest-observent-paris-dans-le-dossier-des-roms_913289.html

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